Sur les pas de St Jean de Brébeuf sj, un chemin de réconciliation

Un groupe de jésuites et d’autochtones se sont embarqués pour un pèlerinage de plus de 800 kilomètres en canot pour promouvoir la réconciliation au Canada. Le 21 juillet dernier, ils sont partis de Midland en Ontario en suivant le chemin emprunté par le missionnaire jésuite du 17ème siècle, St Jean de Brébeuf, et ses guides autochtones.

Ce pèlerinage coïncide avec les célébrations du 150ème anniversaire du Canada et vise à promouvoir un meilleur dialogue interculturel et une compréhension plus approfondie des réalités de chacun. En permettant aux autochtones et allochtones de s’immerger pendant un mois dans les coutumes et les traditions des uns et des autres, ce pèlerinage canadien en canot espère favoriser le respect, la confiance, le dialogue et l’amitié – les pierres angulaires de la réconciliation.

« Notre désir est authentique et réel; nous désirons revendiquer ce à quoi nous avons pris part – tant le bien que le mal, » nous confie Kevin Kelly sj, un scholastique jésuite, au cours d’un arrêt au centre des visiteurs de la rivière des Français (French River), situé le long de la route empruntée par les pèlerins. « Nous n’avons pas d’attentes è l’effet que ce pèlerinage arrangera tout et pansera toutes les plaies. Mais c’est un pas dans la bonne direction. »


Le père Peter Bisson sj (à gauche), provincial des jésuites du Canada anglais, bénit Kevin Kelly sj, avant qu’il ne s’embarque pour le pèlerinage le 21 juillet dernier. 

Ce pèlerinage en canot est porteur d’une riche histoire pour les jésuites canadiens. Il y a cinquante ans, à l’occasion du 100è anniversaire du Canada, un groupe de jésuites a effectué le premier pèlerinage en canot lors de l’Expo 67, l’exposition universelle de Montréal, pour faire la promotion du dialogue œcuménique. Le pèlerinage de cette année suit la même route et utilise les mêmes escales que les jésuites en 1967.


Les jésuites canadiens lors du pèlerinage en canot de 1967. 

Les pagayeurs ont commencé leur pèlerinage à Sainte-Marie-des-Hurons et au Sanctuaire des Saints Martyrs canadiens, situés à Midland en Ontario, au lieu historique de la mission jésuite auprès de la première nation Wendat en 1638; à l’endroit même où Jean de Brébeuf a subi son martyre.

Au cours des 28 jours de canot, le groupe est parti de Midland pour ensuite remonter la baie Georgienne, remonter la Rivière des Français (French River), traverser le lac Nipissing, descendre la rivière Mattawa et la rivière des Outaouais pour enfin arriver à Montréal le 15 août. Les pèlerins ont pagayé huit heures par jour et ont campé à chaque étape, se rassemblant pour la prière du soir.


Les jésuites -du Canada, des Indes et de la Grande Bretagne- prenant part au pèlerinage. 

Le pèlerinage comprenait un noyau d’une trentaine de pagayeurs, la moitié d’entre eux étant jésuites et l’autre moitié se composant d’autochtones. D’autres groupes, y compris des étudiants des écoles jésuites comme celle de De Smet Jesuit High School de Saint Louis, se sont joints au groupe pendant quelques jours.

Le père Eric Oland sj, provincial des jésuites du Canada français, a pagayé avec le groupe du 29 juillet jusqu’au 31 juillet. Après être arrivé à la maison mère des sœurs de St-Joseph à North Bay en Ontario, le père Oland a célébré une messe avec les pèlerins à l’occasion de la St-Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus.

Le timonier ou navigateur, Paul Jacques, nous dit que ce voyage a permis d’amorcer certaines conversations et de partager; bien qu’il admette que certains sujets étaient plus difficiles à aborder, comme le partage d’un participant sur les expériences vécues au pensionnat pour autochtones.

Les pensionnats autochtones au Canada, un réseau d’internats pour les enfants des premières nations, ont été en service à partir des années 1870 jusqu’en 1996. Ils étaient administrés par des églises chrétiennes, y compris l’Église catholique, l’Église anglicane et l’Église unie du Canada. Les jésuites, comme d’autres communautés religieuses, ont administré certaines de ces écoles. Lorsque d’anciens pensionnaires ont dénoncé les conditions extrêmes et les abus sexuels et physiques qu’ils ont subis, le Canada a mis sur pied, en 2008, une commission de vérité et de réconciliation du Canada; laquelle a publié un document d’appel à l’action en 2015 afin de « réparer les séquelles laissées par la fréquentation des pensionnats autochtones et afin de faire progresser le processus de réconciliation au Canada. » En 2013, les jésuites ont publié une déclaration de réconciliation afin d’honorer les survivants et de s’excuser d’avoir, par leur participation dans le système des pensionnats, blessé ou lésé toutes personnes, familles et communautés.

Ce pèlerinage ne tente pas d’offrir une solution au besoin de vérité et de réconciliation, dit Erik Sorensen sj, un scholastique jésuite et le directeur du pèlerinage, mais « chacun est enthousiasmé d’entendre que nous faisons quelque chose de concret qui ne vise pas à résoudre quoique ce soit… nous sommes ici pour faire un petit pas concret en avant. »


Le jour du départ Erik Sorensen sj adresse ses derniers encouragements aux pèlerins: « Cela me fait chaud au cœur de voir autant de personnes exceptionnelles travailler ensemble. » 

Sœur Eva Solomon, membre de la première nation d’Henvey Inlet et membre de la communauté des sœurs de St Joseph à Sault Ste Marie en Ontario, fait partie du voyage en compagnie de sa nièce; une façon de reprendre contact avec leurs terres. Elle dit qu’elle voit ce voyage comme une manière d’inspirer la guérison, surtout avec les jésuites, qui ont géré le pensionnat de Spanish en Ontario.

Pour certains la réconciliation prendra forme au cours de ce voyage, mais sœur Solomon souligne qu’il faudra beaucoup plus de temps pour plusieurs autres. « Cela nous a pris 400 ans pour nous rendre où nous sommes aujourd’hui. Cela ne va pas se passer du jour au lendemain. »


Des pèlerins arrivant à North Bay. 

Le dernier arrêt des pèlerins, le 15 août dernier, c’est effectué à Kanahwake, au sanctuaire de Ste Kateri, qui a été la première femme autochtone d’Amérique du nord à être canonisée.


Le groupe participant à la messe dans une chapelle surplombant la rivière. 

Vous pouvez suivre le pèlerinage canadien en canot sur Twitter, Facebook et Instagram; visitez leur site web: www.canoepilgrimage.com [Sources: CBCNugget.ca]


Publications
Depuis que Saint Ignace a acheté une première presse en 1556, les jésuites ont été engagés dans les communications. Aujourd'hui la Compagnie de Jésus publie un certain nombre de publications et de revues reconnues. Cliquez ici pour accéder à nos publications les plus récentes.

America - 7/20/15

America - 7/6/15

America - 6/22/15




Sacred Heart Jesuit Retreat House
For those seeking to deepen their relationship with God, Sacred Heart Retreat House in Colorado is an oasis of peace.