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Le pèlerinage au noviciat

Durant la première année de noviciat, les jeunes jésuites vivent une expérience de pèlerinage. Cette tradition prend racine dans l’expérience pèlerine d’Ignace de Loyola et des premiers compagnons. Trois jeunes jésuites nous partagent quelques moments marquants de leur expérience. Voici leurs récits.

Rencontres à vélo

C’est avec un vieux vélo arborant le nom de Gino Bartali que je comptais faire un pèlerinage aux grands sanctuaires du Québec. Quelques jours avant le départ, il avait encore besoin de réparations! En voyant mon vélo, un mécanicien de vélo italien fort sympathique s’écria : « Gino Bartali! Savez-vous de qui il s’agit ? » Et voilà qu’il me raconte avoir connu personnellement la célèbre star des Tours de France et d'Italie, qui, inspirée par sa foi catholique, avait transporté des documents secrets à travers l'Italie pendant la Seconde Guerre mondiale pour sauver de nombreux Juifs de la mort. Quelle  chance de tomber ainsi sur un ancien cycliste de haut niveau, déménagé de l’Italie à Montréal dans les années 1950, pour réparer mon vélo ! Ce fut le début de mon pèlerinage.

« Bienvenue » est le mot qui exprime le mieux l’accueil que j’ai reçu en pédalant à l'improviste dans l’orbite du Chemin du Roi. Les moines trappistes de Val-Notre-Dame n’ont pas mentionné l'attente habituelle de six mois pour les visiteurs quand j’ai frappé à leur porte pour demander où planter ma tente; ils m’ont dit : « Vous devriez prendre une chambre et séjourner deux nuits pour pouvoir vraiment goûter notre vie ». Leur chapelle aux murs de verre faisait écho au plain-chant immuable alors que la lune, puis le soleil, poursuivaient leur course à travers le ciel. Les Oblats de Trois-Rivières m’ont aussi ouvert leur porte: à l’aller vers Sainte-Anne-de-Beaupré, puis à mon retour. Au cœur de la saison la plus occupée, ils ont préparé une chambre pour moi dans leur propre résidence.

Juste après Berthierville, où j'avais été chaleureusement accueilli tard un soir par les prêtres et le diacre de la paroisse Sainte-Geneviève, je remarquai un panneau sur le côté de la route. Il marquait le site où saint Issac Jogues avait été capturé une première fois. J'imaginais le canot faisant route vers le large alors que je poursuivais mon propre chemin.

Richard Mulrooney, SJ

 

Découvrir un frère en Ken, un itinérant

Pour mon pèlerinage, j'ai décidé d'aller à Notre-Dame-de-Guadalupe au Mexique. Les règles pour le pèlerinage étaient simples : commencer avec 75$ et un billet d'autobus, partir pendant cinq semaines et vivre une expérience de la providence de Dieu. Mon billet m'a amené de Montréal à New York. À New York, j'ai reçu de l'argent d’individus généreux pour poursuivre vers Atlanta, puis l’Alabama, le Texas et enfin le Mexique.

Une histoire frappante a eu lieu à Atlanta. La veille de mon départ de New York, j'avais pris une décision difficile : ne pas loger dans les communautés jésuites. J’appréciais le temps passé avec des compagnons, mais je voulais vivre un pèlerinage où je serais plus proche des pauvres et où je devrais avoir une plus grande confiance en Dieu. Je suis donc arrivé à Atlanta avec deux dollars en poche et l'intention de trouver un centre d’hébergement pour itinérants pour y passer la nuit. Consultant internet à la bibliothèque publique, j’ai trouvé des lieux d’hébergement possibles, mais j'ai aussi cherché comment me rendre à la paroisse jésuite. Oui, c'est vrai, j'avais décidé de ne pas demeurer dans des communautés jésuites, mais j'étais fatigué, j'avais faim et un centre pour itinérants me semblait être un endroit dangereux, pour ne pas dire violent. Par contre, dans mon cœur, aller dans un tel centre me semblait le meilleur choix pour mon pèlerinage. Mais la peur l’a emporté et je suis allé à la paroisse jésuite.

Quand j'y suis arrivé, on célébrait la messe dans une petite chapelle. Avant de parler avec un jésuite, j'ai assisté à la messe. Pendant la célébration, j'ai aperçu un vitrail qui m'a bouleversé. Il représentait Jésus marchant sur l'eau et Pierre qui se noyait. Deux jours plus tôt, une personne rencontrée à New York m'avait cité ce passage de l'Évangile afin de m'encourager à aller vers Jésus, même si j'avais des craintes et que je risquais de faire des erreurs. Après la messe, j'ai frappé à la porte du presbytère. Personne n'a répondu. Je suis donc allé au centre pour sans-abris.

Au moment où j'y suis entré, un bénévole m'a demandé : « Viens-tu ici pour le bénévolat? » « Non, pour un lit », répondis-je. Il était surpris. Dans ce centre où dorment plus de six cents personnes chaque soir, près de 90 % sont Afro-Américains. Je ne ressemblais pas aux autres. Mais quelle gentillesse et quels soins m'ont-ils témoignés! L’un m'a montré où chercher de l'eau, un autre comment obtenir un meilleur matelas pour mon lit. Les conditions étaient franchement horribles (six cents lits durs dans une salle, de la musique, etc.), mais je me suis fait des amis et cela a fait toute la différence. Il y avait un homme dont le lit était à côté du mien; il s'appelle Ken. Ken a partagé avec moi combien sa situation était difficile. C’est un marin retraité prématurément à cause d’une dépression. Il a ensuite occupé d'autres emplois où ses collègues l'ont initié à la drogue. L'héroïne lui a fait perdre son emploi, sa femme et ses enfants. Quand je l'ai rencontré, Ken était en cure, mais toujours sans-abri.

J’ai partagé aussi mon histoire avec lui : né dans une famille qui avait de l'argent, je n'étais pas obligé de dormir dans un refuge. « Je suis ici simplement pour avoir une expérience spéciale en allant vers le Mexique », lui ai-je dit. Apparemment, Ken a été touché par mon histoire car il m'a donné cinquante dollars. Initialement, je lui ai dit que je ne pouvais pas accepter – accepter 50 $ d'un itinérant! Mais il a insisté : « Tu sais combien d'argent je gaspille sur la drogue? Tu dois l'accepter. C'est la meilleure chose que je peux faire avec cet argent ». J’ai donc accepté et nous sommes devenus de très bons amis.

Pendant ce séjour, Ken a été mon ange. Il était celui dont j'avais besoin : un frère. Je pense que lui aussi était heureux de ma présence. Nous étions le Christ l'un pour l'autre. Cette rencontre constitue l’un des nombreux fruits que j'ai reçus durant mon pèlerinage.

Marc-André Veselovsky, nSJ

Dans la rue

« Car moi, je connais les pensées que je forme à votre sujet, dit le Seigneur, pensées de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance » (Jérémie 29,11). Ce passage de la Bible est bien connu, mais il m'a vraiment inspiré lors de mon récent pèlerinage. Mon expérience a commencé en vivant dans la rue à Toronto pendant deux semaines: un temps de présence et d'accompagnement auprès des personnes les plus gravement touchées par la pauvreté. Isolé, ayant froid, assailli par le doute concernant mon élection, je me suis retrouvé très tôt en désolation. Cependant, les « Chevaliers de la route » m’ont introduit rapidement à un réseau social, signe que mon épreuve initiale a entraîné grâce et consolation plutôt que tentation et désespérance.

Pour la deuxième moitié de mon pèlerinage, j’ai quitté Toronto pour passer du temps à St. Christopher’s Inn, un centre de traitement des dépendances à la drogue et à l’alcool établi sur les rives de la rivière Hudson par la Society of the Atonement, une communauté franciscaine. Les visages rencontrés à ce centre semblaient trop jeunes pour avoir subi les affres de la dépendance, de la pauvreté, de l’abandon et de l’abus. Pour ces hommes, le désert et les montagnes, les cavernes et les trous ne sont pas des métaphores, mais une réalité sinistre. En tant que jeune religieux, en tant qu’homme pour les autres, ce fut un temps pour les écouter avec délicatesse, travailler à leur côté avec générosité et partager avec eux cet amour-agapê qu’ils désirent ardemment. Un temps pour penser des blessures, et guérir, ensemble. Ce séjour m’a aidé à approfondir ce « trouver Dieu en toutes choses » que saint Ignace nous appelle à vivre.

Curtis McKenzie, nSJ

Richard a fait ses premiers vœux en août 2016 et étudie maintenant à Toronto, alors que Marc-André et Curtis sont maintenant en deuxième année de noviciat à Montréal.


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Un projet jésuite pour la construction de maisons à Roseaux, l’une des régions les plus touchées par l’ouragan de l’an dernier.

Le 17 juin 2017, une soixantaine de personnes se sont rassemblés pour la célébration de clôture de l’année du 40e anniversaire de fondation du Centre de spiritualité Manrèse.

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Décerné pour la première fois en 1979, ce prix porte le nom du deuxième évêque de Montréal, Ignace Bourget.

À Richelieu, le 15 mai 2017, est décédé à l’âge de 101 ans, après 80 ans de vie religieuse, le P. Irénée Beaubien, S.J. Le corps sera exposé à l’église du Gesù, à Montréal, le vendredi 26 mai, de 19h à 21h, avec prière oecuménique.

Le père Oland sj sera le prochain Provincial de la province du Canada français et d'Haïti.

En réponse aux appels à l'action de la Commission Vérité et Réconciliation.

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