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Nécrologie du Père Irénée Beaubien, S.J. (1916-2017)

Le Père Irénée Beaubien est né à Shawinigan en 1916. Il était le troisième d'une famille de onze enfants, qui comptait huit garçons et trois filles. Comme il habitait près de la rivière Saint-Maurice, il prit goût, très jeune, aux sports nautiques, particulièrement à la natation et au canot. Il fit ses études primaires chez les Frères de l'Instruction chrétienne et ses études classiques au Séminaire de Trois-Rivières. Il dut les interrompre lors de la crise de 1929. Son père, qui était barbier-coiffeur, avait vu sa clientèle l’abandonner peu à peu et ne pouvait plus assumer les frais de la pension et de la scolarité de son fils au collège. Irénée se retrouva donc à travailler comme bûcheron sur des chantiers en forêt mauricienne au salaire de dix cents l'heure. Il revint ensuite aux études pour compléter son cours secondaire, après quoi il se chercha de nouveau un emploi. C’est à la Canadian Industries Ltd de Shawinigan qu’il acquit ce qu'il considère être «une excel-lente expérience en usine».

Indécis sur son avenir, il entreprit, en 1936, sur les conseils d'un de ses anciens maîtres, de faire une retraite au Sault-aux-Récollets, chez les jésuites, communauté qu'il ne connaissait que de réputation. Il fut amené à réfléchir sur le sens de la vie et de sa place dans l'univers. Il vécut alors une expérience à la fois «profonde et douce », où Jésus lui-même l'interpella: «j'ai besoin de collaborateurs et je te propose de tout quitter pour moi». La méditation qui suivit sur les souffrances de la passion et du crucifiement ne fit que le confir-mer dans sa décision de suivre le Christ. Il entra donc au noviciat de la Compagnie de Jésus, le 7 septembre 1936, et fut ordonné prêtre en 1949, après avoir parcouru le long cycle de la forma-tion d’un jésuite. Au moment de son troisième an, lorsqu’il refit les Exercices spirituels de trente jours, il se rappela les contacts qu’il avait eus avec des protestants, dès ses jeunes années, et il se sentit appelé à leur faire connaître l'Église catholique en travaillant avec eux pour réaliser le désir du Seigneur Jésus: «Qu'ils soient un».

Le Conseil œcuménique des Églises existait depuis 1948. En 1951, le père Beaubien fut autorisé à suivre un cours de trois mois sur la question des relations entre catholiques et protestants à Milwaukee, après quoi il obtint carte blanche pour mettre sur pied un centre d’information sur l’Église catholique, à Montréal. Il en fit la publicité dans un quotidien anglophone et par des annonces dans des paroisses ca-tholiques anglophones de l’archidiocèse avant d’ouvrir les portes du «Catholic Inquiry Forum » le 14 septembre 1952.  Le premier soir, il se présenta en tenue de «clergyman» devant une salle comble. À la deuxième rencontre, une cinquantaine de personnes revinrent pour suivre, jusqu’à la fin, le cours de trois mois, qui était offert deux fois par semaine.

Encouragé, il entreprit une deuxième série, avec une trentaine de personnes au sous-sol du col-lège Sainte-Marie et il donna des conférences à plusieurs endroits du Québec. D'autres centres furent ouverts à travers le Canada. Une année sabbatique enrichissante passée à «Lumen vitae» , en Belgique, lui fit prendre conscience de la nécessité d'un renouveau dans notre manière d’enseigner la théologie.  Il avait pu constater, à la suite de contacts qu’il établit dans plusieurs pays d’Europe, que si l'Église catholique, en tant qu’institution, ne faisait pas partie du mouve-ment œcuménique, bien des catholiques s'y intéressaient à titre personnel. 

À son retour à Montréal, le Cardinal Léger l’encouragea à se consacrer à l’œcuménisme tout en l'invitant à la prudence. Il se lia d’amitié avec des enseignants de l'Université McGill et, à la 4e conférence mondiale de Foi et Constitution à McGill, en 1963, il fit partie du comité d’organisation et obtint d'avoir des représentants de l'Église catholique comme observateurs. A la suite de cette rencontre internationale, l’archevêque de Montréal et des évêques protestants de différentes con-fessions chrétiennes commencèrent à se rencontrer pour échanger et prier ensemble. Quand Mon-tréal fut choisie pour y tenir une exposition universelle en 1967, le Père Beaubien obtint du commissaire général et des autorités romaines que le Vatican renonce à avoir son propre pavillon et s’unisse à d’autres pour mettre sur pied un pavillon chrétien

En 1984, après avoir dirigé durant vingt et un an le Centre canadien d’œcuménisme, il décide de quitter cette fonction pour consacrer ses efforts à un nouvel organisme, Sentiers de Foi, qui au-rait comme objectif de s’intéresser à des chrétiens qui, pour divers motifs, se sont distancés de l’Église en tant qu’institution.

Durant ses longues années de sa vie de jésuite, Irénée Beaubien est demeuré surtout à Mon-tréal : au Collège Sainte-Marie, de 1958 à 1969 ; à la résidence de la rue de la Montagne, de 1969 à 1979 et à la Maison Bellarmin, de 1979 à 2012. Il a terminé ses jours à l’infirmerie de Richelieu où, il a entretenu, jusqu’à la fin, des relations régulières avec ses nombreuses connais-sances à travers le monde. Il s’est éteint paisiblement, en début de matinée, le 15 mai 2017. 

En janvier 2016, à l’approche de ses cent ans, il avait tenu à rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il lui avait été donné de vivre. Il reconnaissait qu’il avait beaucoup reçu de la Compagnie de Jésus. Il soulignait aussi qu’il gardait un souvenir reconnaissant aux hommes et aux femmes qui l’ont accompagné et aidé comme collaborateurs, bienfaiteurs et amis. 

Nécrologie rédigée à partir de témoignages et de confidences du Père Irénée Beaubien. 



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