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Saint Ignace aide les ados à esquiver les écueils du monde d’aujourd’hui

par Molleen Dupree-Dominguez

19 août 2019.  Cet automne, tous les élèves à l'école secondaire où j'enseigne seront nés après le 11 septembre 2001.

Pour nombre d’entre nous, les 18 dernières années ont été fertiles en soubresauts et en traumatismes : de Bush à Obama à Trump, du cellulaire au téléphone intelligent, des fusillades dans les écoles à la brutalité policière diffusée sur les médias sociaux.

Bref, ces jeunes vivent à une époque de crise existentielle; en fait, ils n’ont rien connu d’autre.

Et les outils de la spiritualité ignatienne leur sont indispensables. La séduction de la violence, le cynisme et la désespérance ont de quoi sidérer. Autour d’eux, les adultes expriment leur dégoût à l'égard de nos dirigeants, leur peur de la violence armée sous toutes ses formes et leur panique face au changement climatique.

Les pratiques de prière ignatiennes aident mes élèves à se frayer un chemin à travers la cacophonie des messages médiatiques sur ces grands enjeux comme à travers les préoccupations plus communes aux adolescents : les copains, de quoi j’ai l’air, vais-je y arriver? Les outils ignatiens nous enracinent dans l'espérance et nous rappellent que Dieu est vraiment avec nous, même et surtout aux heures difficiles.

Le discernement des esprits

Ignace sait aborder ces temps incertains : il s’agit de porter attention aux esprits qui se disputent notre énergie. L’Esprit Saint affronte beaucoup d'autres esprits, dont la plupart veulent nourrir nos angoisses et aiguiser nos doutes.

(photo : CNS/Jim Bentz)

Mes élèves ont tout intérêt à le savoir : il y a des forces spirituelles en concurrence dans le monde, mais l’esprit négatif n’est pas le seul choix qui s’offre à nous. Les voix de l'anxiété, du doute et de la peur sont réelles, mais elles ne sont pas nécessairement la voix de Dieu.

Ce message entre en résonance avec leur expérience vécue, même s’il sonne un peu léger. Les jeunes savent bien qu'il y a beaucoup de voix dans leur tête, et pour la plupart ils sont soulagés d’apprendre qu'ils ont la permission d’en ignorer le plus grand nombre.

Le journal de l’examen de conscience

Je leur présente d'abord le discernement dans le contexte de la conscience, et je le définis à la fois du point de vue profane et du point de vue catholique. Ensuite, nous abordons le fait que nous avons tous différentes voix dans la tête et que le discernement consiste précisément à tourner notre attention vers la voix de notre conscience qui, dans la tradition catholique, est la voix de Dieu.

Pour suivre la voix de leur conscience, les élèves tiennent un journal chaque jour pendant une semaine en se posant les questions suivantes : dans quelle mesure ai-je mis en œuvre l'une de mes principales valeurs aujourd'hui ? Dans quelle mesure ai-je éclairé ma conscience ? Dans quelle mesure ai-je écouté ma « voix intérieure » aujourd'hui ?

Grâce à ce journal, presque tous les élèves découvrent qu'ils ont une voix intérieure qui les appelle à faire le bien et à éviter le mal. La plupart trouvent cette pratique extrêmement utile. Ils apprennent, disent-ils, à écouter leur voix intérieure, à discerner le bien du mal et à pratiquer le bien avec plus d’assurance.

Alors qu’ils voient constamment défiler sur leur téléphone des images et des vidéos, des manchettes et des commentaires, l’art de ralentir, de se détendre et de syntoniser la voix de l’amour prend une valeur inestimable.

L’examen

Après avoir découvert et scruté la conscience, nous pratiquons l'examen en classe pendant plusieurs jours. Les élèves reviennent sur la journée précédente et demandent au Seigneur de leur montrer où l'Esprit était présent ou sur quels points il leur faut changer quelque chose. C'est à cette étape que je leur présente des outils de prière en ligne comme l'application Hallow et Pray as You Go. Beaucoup d’élèves en raffolent et trouvent qu’ils les aident à prier par eux-mêmes.

Vous pouvez prendre avec vous l’examen quotidien en l'ajoutant à votre téléphone comme arrière-plan pour votre écran de verrouillage.

Cultiver les vertus

Maintenant, nous voici prêts à mettre en pratique de bonnes actions.

« Il est certain, écrit Ignace, que les paresseux ou les négligents n'arriveront jamais à la paix de l'esprit ou à la parfaite possession de la vertu, parce qu’ils ne réussissent pas à se prendre en mains, alors que les diligents y arrivent en quelques jours. »

Ou, comme le dit Chidi dans « The Good Place » (une émission de la NBC qui fait un carton chez mes élèves) : « Pour être quelqu'un de bien, il faut faire des choses bien. »

Mes élèves choisissent chacun une vertu cardinale ou théologale à pratiquer pendant cinq jours. Ils vont documenter leurs efforts à l'aide de photos et de mots clés, échanger des suggestions (tu devrais essayer telle ou telle chose) et faire le point sur leur pratique périodiquement avec un mentor.

Tous les jours pendant une semaine, je reçois les plus belles réflexions : comment ils ont réussi à dire à leur mère qu'ils l'aimaient ; comment ils ont décidé d'éteindre leur téléphone portable pour faire leurs devoirs ; comment ils sont intervenus quand un de leurs copains faisait en tournait un autre en dérision. Ce sont des vertus qu’ils veulent pratiquer. Et ils ne demandent qu’à être orientés pour devenir celui ou celle qu’ils veulent vraiment être… comme nous tous, je pense.

(photo : CNS/Chas Muth)

Ils ont soif d'authenticité et, après une semaine de pratique, ils peuvent convenir avec Ignace que les actes ont plus de poids et sont plus persuasifs que les mots.

« (Les personnes) de grande vertu, si modeste que soit l’aide que leurs connaissances peuvent apporter au prochain, prêchent avec plus d’éloquence et persuadent bien mieux les autres de faire le bien par leur comportement qu’ils ne pourraient le faire à force de rhétorique et de savants développements. »

Les adolescents d'aujourd'hui avalent d’énormes quantités d’informations. Si grands qu’aient été les défis relevés par les générations précédentes, il est difficile de les comparer aux masses d’informations accessibles à ces ados 24 heures par jour. Sous ce flux constant de données, jamais le discernement et la vertu n'ont été plus importants. Je dois remercier Ignace pour ces outils et ces pratiques à partager avec mes élèves. Ils aident déjà la nouvelle génération à relever les défis de leur époque.

Molleen Dupree-Dominguez, M.Div. enseigne, écrit et fait de la pastorale dans la région de San Francisco en Californie. Diplômée de la faculté jésuite de théologie à l'Université de Santa Clara, elle enseigne depuis 12 ans dans des écoles secondaires catholiques et tient un blogue : molleendupreedominguez.home.blog. Vous pouvez trouver ses textes sur les médias sociaux @molleendd et suivre ce qu’elle fait comme enseignante sur Instagram et Twitter @mddbodreligion.



Toutes les citations sont tirées de Thoughts of St. Ignatius Loyola for Every Day of the Year (traduction des Scintillæ Ignatianæ du père Gabriel Hevenesi, SJ, par Alan G. McDougall), Fordham University Press, New York, 2006.




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