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Temps fort de la Semaine des sœurs catholiques : Sœur Laurence Loubières, XMCJ

11 mars 2020 - Sœur Laurence Loubières, XMCJ, est née dans le sud ensoleillé de la France et a fait des études de commerce et de gestion à Paris. Après avoir obtenu son diplôme, elle a passé trois ans au Japon, où elle a étudié le japonais et travaillé pour une banque française. À son retour en France, elle a travaillé dans la comptabilité et le conseil en organisation avant d'entrer dans la communauté des Xavières en 1999. Après le noviciat, elle a été envoyée travailler dans le domaine des investissements responsables en tant qu'analyste de fonds éthiques dans une société de gestion d'actifs basée à Paris. Elle a continué à travailler dans ce domaine pendant dix ans après avoir déménagé à Toronto en 2007, où sa congrégation a ouvert une communauté. Elle est actuellement directrice du Service pour le discernement en commun de la province jésuite du Canada.

Nous partageons ci-dessous ses réponses aux questions posées par courriel sur sa vocation, son travail et le rôle des religieuses dans l'église.

Racontez-nous un peu l'histoire de votre vocation.

La foi n'a pas été une dimension importante de ma vie en grandissant. Même si j'ai été baptisée très jeune et que j'ai fréquenté des groupes de catéchisme et d’aumônerie, c'est au Japon à l’âge de 21 ans que j'ai « rencontré » Dieu. Ce fut une expérience de conversion très forte et j'ai rapidement senti qu'elle allait entraîner des développements inattendus. J'ai cependant résisté à l'idée de la vie religieuse pendant un certain temps, car j’avais du mal à m’y projeter. Mais lorsque j'ai rencontré les Xavières en France en 1998, j'ai senti que j'avais trouvé le style de vie auquel j'aspirais profondément.

Qu'est-ce que vous aimez le plus dans la vie religieuse ?

Notre communauté partage avec les Jésuites la grâce d'être enracinée dans la spiritualité ignatienne. Nous travaillons comme professionnelles dans toutes sortes de domaines qui peuvent être en lien avec l'Eglise, mais pas nécessairement. Nous nous efforçons de travailler avec d'autres afin d'initier et de soutenir des initiatives porteuses de vie et de sens où que nous soyons. Nous essayons de reconnaître la présence de Dieu, déjà à l'œuvre dans le monde, et de suivre les invitations du Saint-Esprit dans toutes les situations. En bref, nous aimons collaborer avec Dieu dans notre travail avec les autres.

Quels sont les dons les plus importants que les femmes religieuses offrent à l'Église (et au monde) aujourd'hui ?

La vie religieuse féminine a toujours été une grande source d'initiative et de créativité dans l'église, et j'aime la forme innovante de vie religieuse que notre fondatrice, une femme appelée Claire Monestès, a envisagée au début des années 20 : centrée sur Dieu et ouverte sur le monde, partageant la mission du Christ de réconcilier toute la création dans la justice et la paix du royaume de Dieu et s'efforçant de discerner la conduite de l'Esprit dans la complexité du monde contemporain. C'est une grande aventure, une bénédiction et aussi un défi quotidien !

Parlez-nous de votre rôle au sein de la Province jésuite du Canada. Comment en êtes-vous arrivé à ce rôle ?

De nouvelles responsabilités au niveau du Conseil général de ma communauté depuis 2017 m'ont amenée à quitter le monde de l'entreprise. Les jésuites, avec qui j'avais travaillé en parallèle sur des projets de discernement communautaire, m'ont invité à rejoindre le Forum jésuite pour la foi et la justice sociale où j'ai travaillé pendant un an et, par la suite, à mettre en place le Service pour le discernement en commun de la Province du Canada en tant que sa première directrice. Le Service a été officiellement créé en mars 2019 pour aider les apostolats et les communautés jésuites, ainsi que d'autres organisations, dans les processus de discernement communautaire.

La Province du Canada est pionnière dans ces pratiques depuis les années 1980, notamment grâce au travail de John English, SJ, et de George Schemel, SJ, (un jésuite américain) qui ont adapté le parcours des Exercices spirituels à des groupes. Le Service s'efforce de mettre tout le potentiel de cet héritage à la disposition de la Province du Canada et au-delà. Nous espérons notamment être une ressource pour la Conférence des Jésuites du Canada et des États-Unis et, nous l'espérons, offrir également des services au monde des affaires à un moment donné.

Comment le discernement en commun peut-il être précieux pour les organisations jésuites et non jésuites ?

Avec une équipe de jésuites canadiens et d'autres laïcs formés au discernement commun, nous aidons les groupes, par la prière et la conversation spirituelle, à mieux comprendre leur identité et leur mission, à prendre conscience de la manière dont Dieu est à l'œuvre dans leur histoire collective et dans les contextes dans lesquels ils opèrent et à discerner où l'Esprit les invite à faire des pas supplémentaires. Comme chaque groupe a des questions et des besoins spécifiques, chaque démarche est pensée « sur mesure » et varie en longueur et en contenu. L'accent peut être mis sur une décision spécifique à laquelle le groupe est confronté ou sur l'acquisition d'une compréhension renouvelée de la mission du groupe et de ses modes de fonctionnement lorsque des circonstances évoluent. Les processus de discernement communautaire sont, par exemple, un bon moyen pour les apostolats jésuites de s'approprier et d'actualiser le dynamisme spirituel des Préférences Apostoliques Universelles dans leur contexte spécifique.

Je suis étonnée de voir comment les processus de discernement communautaire contribuent généralement à créer un plus grand sentiment de communion et une joie spirituelle profonde parmi les membres du groupe. On peut parfois voir littéralement l'Esprit à l'œuvre lorsque, dans les conversations spirituelles, les gens s'ouvrent progressivement, apprennent à reconnaître et à s’accorder à la présence de Dieu dans ce qu’ils sont en train de vivre ensemble. J'aime aussi le fait que ces processus reposent sur des activités humaines simples : prier, réfléchir, faire attention à ce que l’on ressent, parler et s'écouter les uns les autres de manière authentique et juste. Il y a quelque chose de la simplicité et de la radicalité de l'Évangile à l'œuvre dans cette façon de se mettre en relation les uns avec les autres.

Il est significatif pour moi que le discernement communautaire soit un aspect clé de la synodalité que le pape François souhaite promouvoir dans l'Église et que la Commission théologique internationale décrit comme reflétant la participation et la coresponsabilité inhérentes à la nature de l'Église. Le discernement communautaire a le potentiel de nous reconnecter avec notre appel profond à la communion avec Dieu et entre nous. En nos temps troublés et polarisés, je crois qu'il peut grandement contribuer à redonner au sein de l'Eglise et au-delà le goût de la communion d’où peuvent jaillir créativité et espoir renouvelés.


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